7 juillet 2015 - Ivo Dicarlo

Mali, un pays très riche en pauvres

Entre la pauvreté, la cherté de la vie et le reste des problèmes du quotidien, c’est pas le salaire qui en sort grandi hein !!!

La vie est devenue tellement compliquée et dure qu’il n’est pas rare de voir un médecin dans la journée qui, quand la luit tombe, devient DJ en boîte de nuit. Et oui !!! Les deux métiers n’ont rien avoir l’un avec l’autre mais qu’est-ce qui qu’il ne faut pas faire pour joindre les deux bouts ?

C’est en cela que tout le monde est devenu commerçant dans ce pays où tout le monde veut tout.

A cause de la pauvreté les griots et les nobles se disputent le micro lors des événements, car chacun tient à se faire un peu sous. Presque tout le monde est devenu kalabantchi (escroc). Il n’est pas rare de croiser un Keita en semaine qui endosse le grand boubou de Kouyaté le temps d’une cérémonie de mariage ou de baptême dans une commune diamétralement opposée à son quartier pour ne pas se faire repérer.

Avant les gens donnaient de l’argent aux mendiants sans trop d’hésitation, mais depuis que tout le monde tire le diable par la queue, les Maliens sont devenus moins généreux. Du coup, les mendiants deviennent plus offensifs, voire agressifs. Il ne manque plus que certains se promènent avec des gourdins pour punir toute personne qui refuse de mettre la main à la poche. Eh ouiiii !!!! On ne donne plus par crainte du Seigneur, mais juste pour mettre fin à un harcèlement incessant à certains feux tricolores de la ville.

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Les miettes que constituent les salaires ne bougeant pas d’un iota tous les fonctionnaires se découvrent des de businessmen. Après une brève apparition aux différents services le matin, chacun vaque a ses autres occupations tentant ainsi de joindre les deux bouts.Ceux qui restent sur place s’occupent comme ils peuvent !!! d’où la prolifération des petits commerces dans les bureaux des services publics. Il y a entre autres des rayons parfumeries, gourmandises, habillements, etc.Tous les moyens sont bons pour se faire un peu de jetons.

Comment en vouloir aux gens qui tentent le tout pour le tout lorsque chaque jour qui passe les prix augmentent. La vie très est si dure qu’on se croie dans le jeu vidéo du genre STREET FIGHTER, version PRO où on sait plus où donner de la tête pour éviter les coups.

Illustrons tout ce beau discours par ces quelques histoires :

Quand la galère entre par la porte, le respect sort par la fenêtre

Tous les moyens sont bons pour se faire quelques sous, voici une jeune fille prête à tout pour arriver a ses fins. Elle fait de l’auto-stop, un vieux camionneur passant dans les parages la voit et la prend. Quelques kilomètres plus loin la fille demande au vieux de lui donner 5 000 F CFA, ce dernier répond : « Eh ma fille !!!, tu n’es pas au courant de la situation du pays ? » Je n’ai même pas 1 000 CFA. La fille aussitôt d’un ton menaçant dit au vieux que s’il ne coopère pas elle va lui foutre la honte. Elle commence à crier « au secours, au violeur », quand le vieux s’est arrêté pour qu’elle descende du véhicule, elle refusa et continua de crier. Ils se retrouvèrent finalement à la police.

La fille explique que le vieux devait la payer après qu’elle se soit bien occupée de lui mais le vieux criait au scandale et à l’arnaque.

Pour les départager, le commissaire posa une question à la fille : quelle est la couleur de son dessous ?

« Elle cria, c’est noir !!!! »

Le vieux cria : « WOBROUUUUUUUUUUUUU !!! » Je n’en porte jamais et baissa sur le champ son pantalon tuant ainsi le RESPECT.

Ville oh village oh, c’est du pareil au même

Uhmmm ! Bamako galère, la vie est devenue tellement chère que le vieux Kanté a décidé de réunir toute sa famille afin d’aller s’installer au village. Au moment où la famille s’active dans la préparation des affaires, un petit groupe de villageois comptant sur l’hospitalité du vieux Kanté fait son entrée dans la cour, celui-ci cria sans attendre : « Chers parents ne vous fatiguez pas à décharger vos affaires hein, nous retournons tous au village, Bamako est devenu trop dur. »

Un villageois s’écrit : « ehhhhhhh !!! Kanté non hein on ne peut pas retourner au village, les gens ont commencé à mourir de faim ohh. »

Auteur : Diahara DIANE – Source : Kèlèkotè, Bimenstruel d’humour – N°35
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Ivo Dicarlo
Africain d'origine malienne et citoyen du monde, parlant français. Je suis un jeune blogueur, ambitieux qui se cherche avant tout. On me définit souvent par ma gaieté et mon côté taquin. Je dirai juste que je suis quelqu’un de vivant et qui profite de la vie comme elle se présente, tout comme la langue française.

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