9 avril 2015 - Ivo Dicarlo

Bamako : l’insécurité laisse place à la délation et à la xénophobie

Le présent titre peut heurter ou blesser la sensibilité et laisser une impression pénible pour le malien lambda. Parce qu’étant depuis des lustres, éduqué au sociale incarner par des valeurs humaines tels que la citoyenneté, la vertu, l’honneur, la tolérance, l’humilité, la patience, l’intégrité, la solidarité, la dignité, le respect, l’abnégation, la droiture, le courage, le dépassement de soi, la pudeur, le serment et l’amour de son prochain d’où la notion de l’hospitalité.

Mais après les derniers faits importants qui ont marqué l’actualité de la capitale, l’esprit du « Djatiguiya » a vite fait de laisser place à un sentiment de délation suivit de xénophobie, exacerber par l’insécurité qui prévaut au sein de la société. Riposte ou psychose ? Je ne sais pas.

Image illustrative - crédit: pressafrik.com

Image illustrative – crédit: pressafrik.com

Évoquée précédemment dans l’un de mes billets, la situation dans laquelle l’ordre public est mal assuré et où l’on se sent en danger avec la peur au ventre. L’inquiétude n’a pas fini d’aiguiser la méfiance des habitants de la cité des 3 caïmans une fois de plus. Et cette fois-ci, c’est la destruction d’une résidence privée à usage d’habitation ainsi que certaines concessions proches environnantes, suite à une action inconsidérée de manipulation d’engins explosive mortelle, survenue le 3 avril dernier, dans la périphérie de Bamako. Dieu seul sait, le dessein que réservaient ces apprentis artificiers aux citoyens de la capitale.

Heureusement, les faits se sont déroulés dans une zone de faible densité. A Sirakoro Meguétana, quartier en Commune I du District de Bamako, au environ de 8heures du matin, horaire de faibles affluences. Bilan du drame : un (1) mort, le vigile de la maison et quatre (4) blessés dont un (1) gravement, qui sont au Centre l’Hôpital Universitaire Gabriel Touré. Fin définitive et regrettable pour le gardien de ladite maison. Le pauvre vigile, Amadou Togo, âgé de 22 ans, un autre mort de plus. C’était le même scenario que la fin tragique du vigile abattu lors du carnage de la terrasse à l’hippodrome. Un dommage collatéral a noté. Mes sincères condoléances.

Le Gouvernement de la République du Mali au travers des médias a largement relayé les faits de ce drame, avec plus au moins d’exactitude et conforme à la vérité. Va savoir.

La réaction omis est ce qu’il va en résulter de ce drame : la psychose de l’attentat donnant lieu à la délation suivit de la xénophobie. La stigmatisation de l’étranger. Rappelons-nous de l’individu de la terrasse qui s’est servit d’une grenade, lors d’une banale vérification de pièces d’identité. Suivit de l’assaut des forces armées à Magnambougou pour appréhender l’un des acteurs de l’attentat de ladite terrasse. Et maintenant, Monsieur Kindé Alhassane, citoyen burkinabé propriétaire du bâtiment où officiaient les apprentis artificiers. Ce dernier individu ayant des antécédents judiciaires au Mali. Le lien commun entre ces personnes est qu’ils ne sont pas des citoyens maliens, pour ne pas dire étrangers. Coïncidences ou similitudes ? Va savoir.

L’étranger, vecteur d’insécurité. C’est tout d’abord une rumeur insidieuse, qui se développe de façon insensible et le plus souvent pernicieuse au sein de l’esprit de la population.

Qu’est ce qui faire croire a de telles insinuations

Lors des causeries autour de la question qu’entoure la situation actuellement à Bamako, au grin. Les langues se délient, ainsi les réactions et prise de parole sont on ne peut plus claires.

« Appeler les forces de l’ordre sur les attitudes de personnes que vous soupçonnées assez étranges au sein de votre environnement. » « Il ya des numéros verts mis en place par les pouvoirs publics a cet effet ».

Par plus loin que le Samedi dernier en soirée, sur les antennes de la radio Voix de l’Amérique, l’émission An ba fɔ!, interactive en Bambara diffusée en direct depuis Washington, DC  tous les samedis, de 20:00  à 21:00 T.U. les différents interventions des auditeurs portaient sur la situation de l’insécurité au mali en générale, et en particulier à Bamako. Thème abordé suite à l’événement de Sirakoro Meguétana. A la suite des différents interventions, l’insinuation était belle et bien explicite a la nouvelle habitude a adopté de la population : la délation au près des autorités de forces de l’ordre. Les dires ont été traduit du Bambara vers le français, pour une plus large compréhension.

Adama NDIAYE : « La situation d’insécurité présentement sur toute l’étendue du territoire malien est dû à l’absence de conformité avec les normes de nouvelles méthodes sécuritaire, qui prévaut dans le monde actuellement. Il est idéal que nous appréhendons cela. La question sécuritaire est très évolutif, axée sur de nouvelles donnes d’art de la coordination de l’ensemble des forces d’un pays pour préparer une guerre ou organiser une défense. Cela sous entend de nouvelles manières de penser, de connaissances, entre autres. Si nous ne prenions garde, le Mali risque d’être un nid d’instabilité sécuritaire.[…] Le faible nombre d’agents de sécurité est en inadéquation avec la densité de la population. Le cas de la Commune II de Bamako, avec 52 (Cinquante-deux) agents de forces de l’ordre pour assurer la sécurité de plus de 100.000(cent milles) habitants. Voici une situation les plus difficiles qu’il soit. En cette période de libre circulation de personnes et des biens, la menace djihadiste est omniprésente, avec une grande capacité de nuisance. L’implication de la population devrait être, à l’effort de sécurisation du pays, au travers la sensibilisation et la communication par les pouvoirs publics.»

« Pour une grande stabilité sécuritaire, il est primordial que la population s’implique d’avantage au près des autorités publics. Abstenons-nous de considérations sociales, en vue d’un état de stabilité les plus normal au sein de la société. », Madame Diarra Oumou Sidibé.

Mohamed Maiga : « Il faut que malien change de comportements. Le problème du malien est sa sociabilité. Lorsque vous observez un individu au sein de votre concession, que vous ignorez ou soupçonnez d’actes étrangers. Déjà que les autorités ont donné des numéros verts. Tu peux appeler à tout moment et gratuitement. Si vous voyez que les terroristes ont pu avoir un accès facile en milieu urbain, et que personne ne l’anticiper ou constater. C’est dû à cette forme de considération sociale. Et le plus étonnant, ces extrémistes sont logés au sein de concessions à forte densité humaine. Le cas le plus explicite est celui de Magnambougou. Il était logé dans une maison, où il y avait beaucoup de personnes la dedans. Le social dans, a favorisé la mise en œuvre du regrettable attentat de la terrasse. Si non, entant que locataire, vous voyez un étranger rentré dans la maison avec des sacs, des valises qui attirent des soupçons. Je pense que le première des choses à faire ; c’est d’alerter les autorités, au moins une gendarmerie ou un poste de police, faire état de déclarations de tes constats de voisinage, de façon anonyme. Et cela, en vue d’une vérification approfondir des soupçons qui pèsent sur eux. Mais au Mali, nous sommes trop laxistes. Alerter les autorités, une attitude qui se doit être une routine pour les taximan. Il faut que nous adoptions ce comportement. Jute dire qu’il ne faudrait pas faire la médecine après la mort. Il faut anticiper les choses.»

Rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la situation au Mali couvrant la période allant du 17 décembre 2014 au 19 mars 2015

Des dires qui donnent la peur au ventre. Je vous prie de croire que de tels propos ne sont pas le produit d’une imagination fertile. Mais l’observation d’un fait qui tend a s’imposer comme la nouvelle donne, en riposte a la situation d’insécurité, que prévaut dans nos villes. Dont Gao paye un très lourd bilan.

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Ivo Dicarlo
Africain d'origine malienne et citoyen du monde, parlant français. Je suis un jeune blogueur, ambitieux qui se cherche avant tout. On me définit souvent par ma gaieté et mon côté taquin. Je dirai juste que je suis quelqu’un de vivant et qui profite de la vie comme elle se présente, tout comme la langue française.

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